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Hommage solennel du
Président-Fondateur du groupe LOKO A SEM BATTESTI
Ange Barry Battesti a été Ministre de
l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle de 1971 à
1990. Très avisé, l’homme a donné une impulsion remarquable au système
de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle en Côte
d’Ivoire. C’est pourquoi, Le Président-Fondateur du Groupe Loko, lui a
rendu un hommage solennel pour lui témoigner sa gratitude et
toute sa reconnaissance, pour avoir été si bien inspiré. C’était le 19
Juin 1995 au palais des congrès de l’hôtel Ivoire archi-comble, ce jour
là. Auparavant, il lui a dédicacé le plus grand amphithéatre de l‘EST
Loko, qui porte aujourd’hui son nom. “Lokomotive” s’en souvient. Flash
back sur un événement inoubliable.
Excellence, Monsieur le Ministre,
Je suis très honoré du fait que vous ayez
accepté, pour la première fois, qu’un établissement et de surcroît
privé, puisse magnifier l’œuvre que vous avez accomplie, l’œuvre de
toute une vie.
Vous êtes le bâtisseur, après bien sûr les
pionniers, de l’Enseignement Technique et de la Formation
Professionnelle moderne de Côte d’Ivoire.
Cela, nul ne peut le contester. Il est vrai,
vous avez pendant deux décennies, assumé la responsabilité de ce
Département Ministériel. Il est aussi vrai que c’est cette mission là
même que vous a confiée feu Son Excellence Félix HOUPHOUET-BOIGNY, l’un
des hommes d’Etat les plus prestigieux, comme je l’ai dit ce matin, que
ce 20è siècle ait donné à l’humanité.
Mais, ce qui est encore et surtout vrai,
c’est le cœur avec lequel vous avez assumé vos responsabilités.
Dur mais tendre, sévère mais généreux,
rigoureux mais tolérant, vous avez mis du cœur et beaucoup de cœur à
accomplir votre mission.
Je le dis parce que je vous dois en grande
partie les résultats que le Groupe Scolaire LOKO a atteint aujourd’hui.
C’est vous qui m’aviez envoyé les premiers
boursiers de l’Etat.
C’est vous qui m’aviez sommé de construire
un établissement en propre pour quitter les locaux loués. Et vous avez
menacé de me retirer l’autorisation si je ne le faisais pas.
Je l’ai fait et par la suite ce sont
plusieurs établissements que j’ai sortis de terre.
Lorsqu’au début des années 80, la crise
avait sinistré les établissements privés techniques, c’est vous qui
m’avez conforté à m’orienter vers l’Enseignement Général pour consolider
mon bilan. Et, vous m’aviez encouragé à acheter le terrain sur lequel
j’ai construit le Lycée WILLIAM PONTY.
A votre retour à la tête du Département de
l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, vous aviez
en 1987 accordé une subvention d’encouragement de 5 millions aux
Fondateurs qui ont construit leur établissement et j’ai pu bénéficier
d’une somme de 15 millions ayant construit trois établissements
d’Enseignement Technique.
Vos actions en faveur de l’Enseignement
Privé Technique sont nombreuses. Je ne peux faire une liste exhaustive.
Cependant, je ne saurais laisser sous silence l’impulsion que vous avez
su donner au sous-système de l’Enseignement Privé Supérieur.
En effet, c’est vous qui avez encouragé les
établissements à élever le niveau des formations en accordant des
autorisations pour les BTS. A la rentrée 1987, lorsque le Gouvernement
Ivoirien avait décidé d’orienter tous les bacheliers, vous avez demandé
que chaque établissement poursuive la formation de ses élèves.
Cette décision a été salutaire, puisqu’elle
a permis aux établissements privés, qui avaient déjà l’expérience en la
matière, de diversifier les filières et d’accueillir un nombre, de plus
en plus, croissant de bacheliers lorsqu’ils ont été sollicités à la
rentrée scolaire 1991/1992.
Le prodigieux développement de
l’Enseignement Privé Supérieur, qui fait de la Côte d’Ivoire le leader
dans la sous-région en la matière, est donc à mettre à votre actif.
Et, en ce jour béni où pour le Groupe
Scolaire LOKO, le futur et le passé se croisent au présent, je ne peux
vous oublier Excellence Monsieur le Ministre Ange François BARRY
BATTESTI.
En Mai 1987, lors de votre unique et
mémorable visite au COURS LOKO, la première dans un établissement privé
laïc, paraphrasant l’Officiel Américain qui, après la victoire des
alliés avait dit « LAFAYETTE NOUS VOICI » pour exprimer beaucoup plus
tard la reconnaissance de l’Amérique à la France pour avoir dépêché le
Général Lafayette aux côté des combattants de la guerre d’indépendance,
Monsieur le Ministre, vous avez dit et je cite « LOKO, NOUS VOICI ».
Plus qu’un hommage, cette adresse, était un
message : une invite à aller bien au delà de ce qui avait été réalisé.
Je voudrais moi aussi, pour vous exprimer ma
reconnaissance, reprendre votre adresse :
« Monsieur le Ministre Ange François BARRY
BATTESTI, nous voici, voici le Groupe LOKO aujourd’hui ».
Ce matin, vous avez accepté que
l’Amphithéâtre de l’E.S.T. porte le prestigieux nom Ministre Ange
François BARRY BATTESTI.
Ce faisant, vous m’aviez grandement ouvert
votre cœur. C’est le plus beau cadeau que vous pouviez m’offrir. Soyez
en remercié.
A mon tour, ce soir je vous offre ce modeste
présent que voici.
RÉPONSE DE SEM LE MINISTRE
ANGE-FRANCOIS BARRY- BATTESTI
J’avais préparé une allocution pour le Gala
de ce soir. Mais, vu l’atmosphère qui règne dans cette prestigieuse
salle des congrès Félix HOUPHOUËT-BOIGNY, j’ai rempoché mon allocution.
Et, je voudrais laisser parler mon cœur en toute sincérité pour vous
dire que cette atmosphère, une des meilleures que les Etudiants de l’Ecole
Supérieure de Technologie LOKO ont su développer cette nuit est quelque
chose d’extraordinaire.
Ce matin, l’on m’a rendu un hommage que je
n’oublierai jamais. Et je voudrais demander la permission des hautes
personnalités ici présentes pour m’adresser au Président Fondateur du
Groupe Scolaire LOKO.
D’abord à vous monsieur le Ministre,
Excellence Monsieur l’Ambassadeur, Monsieur le Député Maire
d’Abengourou, Monsieur le Vice-Président de l’Assemblée Nationale qui
représentez le Président de l’Assemblée Nationale, Monsieur Charles
BAUZA DONWAHI.
EDJAPAN TIEMELE AMOIKON, nous nous
connaissons de longue date. Si j’ai rappelé le Ministre que vous avez
été à la tête du Ministère du Commerce, si j’ai rappelé l’Ambassadeur
que vous avez été en ouvrant la première Ambassade de Côte d’Ivoire en
Chine et puis aujourd’hui vous êtes le Vice-Président de l’Assemblée
Nationale, vous êtes le Député-Maire d’Abengourou c’est que tant de
casquettes sur une seule tête, il fallait qu’elle soit bien faite pour
la porter!
Et puis votre pugnacité lorsque vous êtes
dans un débat vous avez en face de vous l’un de nos adversaires du
PDCI-RDA, Vous savez vous battre pour des causes nobles et que justice
vous soit rendue ce soir. Il faut rendre à César ce qui est à César et
ce qui vous est dû, vous est rendu.
Et vous représentez une personnalité hors du
commun : le Président CHARLES DONWAHI que j’ai côtoyé longtemps. Lorsque
j’étais Ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation
Professionnelle, il m’a été d’un grand recours. Je me souviens que c’est
lui qui était le Président des cadres du secteur privé. Je me souviens
qu’on lui doit la charte de l’ivoirisation qui a été appliquée et qui
était comme une bible pour nous et qui était la boussole qui nous
permettait de poser des actes concrets vis-à-vis du secteur
professionnel industriel et commercial.
Aujourd’hui, il n’y a rien d’étonnant que ce
super manager soit devenu le Président de l’Assemblée Nationale et que
des jeunes générations qui semblent percevoir les qualités qui se
développent en tout un chacun des responsables de ce pays, l’aient
choisi en toute liberté et en toute conscience.
Je voulais vous demander la permission de
tout à l’heure parler les yeux dans les yeux à Monsieur LOKO
José-Dominique. Vous me l’accordez cette permission? OK.
Professeur EL HADJ SALIOU TOURE, Ministre de
l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique. Votre
intégrité, votre dimension de scientifique éminent expert sont reconnues
dans tous les milieux. C’est vrai, et quand on y joint en plus
l’humilité des hommes qui savent parce que Auguste COMTE disait “peu
d’intelligence rend bête, beaucoup rend intelligent”, vous l’êtes
également.
Nous vous confions les destinées de la
Formation Professionnelle et Technique Supérieure. Quand je vous dis
nous, je me porte garant également de quelque chose que j’ai construite
et que je voudrais voir léguer en des mains sûres.
Faîtes en sorte que les Grandes Ecoles dont
vous avez la charge gardent leur identité, gardent leur spécificité et
surtout que cette recherche de l’excellence qui est une donnée
fondamentale d’une Grande Ecole soit préservée. Et la sélectivité doit
toujours jouer pour que ce soit les meilleurs des Ivoiriens qui sortent
de ces Grandes Ecoles.
Je vous l’ai dit, comme cela directement
parce que je sais que vous avez déjà pris le flambeau, comme vous l’avez
tout à l’heure permis que les jeunes le fassent entre la deuxième Année
de BTS pour les Techniciens Supérieurs et la première Année parce que
passer un flambeau c’est illuminer l’avenir. C’est ça l’éducation.
Et nous savons qu’entre vos mains, les
choses se passeront comme nous le souhaitons.
Monsieur l’Ambassadeur du Bénin, vous êtes
venu soutenir Monsieur LOKO et je sais qu’il apprécie hautement. Ainsi
que vous Monsieur le Secrétaire Général du Gouvernement. Ainsi que vous
Madame FOLOGO. Ainsi que vous Monsieur le Président Directeur Général
de la Bourse des Valeurs d’Abidjan. Et puis tous ces professeurs, tous
ces encadreurs des cours LOKO, ces professeurs de l’INSET, ces élèves et
ces étudiants. Si vous le permettez, et que vous me donnez la
permission, je vais maintenant m’adresser à Monsieur LOKO José-Dominique.
Bien sûr, j’associe son épouse, la charmante
Madame LOKO, si belle et si distinguée et qui apporte son concours.
Monsieur LOKO José-Dominique, vous avez le
rôle de précurseur. Partout vous avez réussi. La Rochefoucauld disait :
« il est un moment dans la vie pour réussir, il est un autre pour
réussir sa vie ».
Vous avez réussi dans la vie et vous avez
réussi votre vie parce que lorsque vous débutiez en 1947/1948, vous
n’aviez presque pas d’élèves. C’était des cours parascolaires donc qui
reprenaient les rejets de la société scolaire pour leur donner un
semblant d’enseignement. Aujourd’hui, votre Groupe, le Groupe Scolaire
LOKO compte plus de 8500 élèves et étudiants. L’Enseignement Supérieur
seul compte près de 3000 étudiants, je crois, avec quinze filières de
BTS et 3 Ecoles d’Ingénieurs. Qui dit mieux ? En tout cas ce n’est pas
le secteur public.
Et je le disais déjà à mes collaborateurs
que la dynamique de l’ Enseignement Technique doit se renouveler plus
dans l’Enseignement Privé et dans l’Enseignement Public surtout
concernant le secteur tertiaire et les services bien sûr.
Et cette prophétie n’a pas été démentie
puisque après avoir préparé les CAP, les Brevets d’Enseignements
Professionnels, les Brevets Professionnels, les Brevets de Techniciens,
aujourd’hui, nous sommes au B.T.S. et aux diplômes qualifiants de BAC
plus 3 et de BAC plus 5. Et même dans la Fonction Publique, cela est
reconnu comme une qualité de référence.
Il faut tout assurer avec des chiffres sur
le plan financier, faire de la comptabilité pour qu’un juste équilibre
soit établi entre les dépenses que vous engagez et les recettes que vous
pouvez recouvrir. Vous l’avez très vite compris et vous avez également
su donner l’équilibre à l’éducation et à la formation.
La Convention d’Assistance et de Partenariat
que vous venez de signer augure encore d’une ère nouvelle. Vous avez
choisi l’une des Ecoles que j’aime bien, l’INSET. Vous avez choisi de
faire en sorte que des Echanges se fassent entre l’Enseignement Privé et
l’Enseignement Public. C’est une très bonne chose parce que les deux
parties vont gagner dans cette espèce d’aventure. D’un côté l’INSET qui
apporte son label d’école prestigieuse et de l’autre un Etablissement
Privé dont la souplesse et l’adaptabilité justement au secteur mouvant
qui est l’emploi ne peut qu’être à l’initiative du chef d’établissement.
L’Etat n’assurant que la qualité de
l’enseignement et le respect des règles éducatives. Ce que l’INSET vous
apportera, ce que l’EST apportera à l’INSET ne pourront que consolider
notre éducation de manière globale au niveau de la Formation Technique
et Professionnelle.
Et moi, ce matin, j’ai eu l’honneur d’être
honoré. Vous avez très simplement et de manière spontanée sollicité que
je donne mon nom à votre Amphithéâtre le plus grand des Cours LOKO.
J’avais refusé, je ne vous le cache pas, de
donner mon nom à des structures lorsque j’avais été sollicité. Mais pour
vous Monsieur LOKO, sachant ce que vous faites pour nos jeunes sœurs et
nos jeunes frères de Côte d’Ivoire, sachant l’amour que vous avez pour
la Côte d’Ivoire, sachant l’énergie personnelle que vous dépensez pour
que l’Enseignement Technique se développe, je ne pouvais refuser et je
vous ai dit, pour vous j’accepte et j’accepte de tout cœur et je vous ai
dit comme un sanscrit Indou le rapporte, « ne regarde pas l’objet que
l’on te donne, regarde le geste avec lequel on te le donne ».
Et vous avez su donner ce que vous pouviez
donner. Et croyez moi, j’ai été profondément ému et profondément honoré.
Votre Ecole, maintenant est connue de tous
et je sais qu’autrefois, lorsque je voulais orienter les bacheliers dans
l’Enseignement Privé, surtout au Cours Pigier, au Cours Castaing ou au
Cours LOKO, qui préparaient à l’époque les BACS G, je me suis heurté à
une certaine hostilité de la part des élèves et des parents d’élèves
surtout qui ne comprenaient pas que ayant obtenu le Baccalauréat ces
élèves continuent dans l’Enseignement Privé.
Je leur ai dit : vous avez la chance d’être
des précurseurs et vous verrez que tôt ou tard cet enseignement sera
beaucoup plus performant que ne peut l’être l’Enseignement Public.
Je le dis en connaissance de cause. Nous
avons visité des salles spécialisées justement du Groupe LOKO ce matin.
Tout le monde a vu les machines, je parle des ordinateurs, des
micro-ordinateurs, tout le monde a vu les Fax, tout le monde a vu les
appareils de tout genre au niveau par exemple de l’Electrotechnique, de
l’Electronique et j’en passe. C’est une véritable performance et je le
dis, l’Enseignement Public ne possède pas ces équipements. Même le Lycée
Professionnel de Gagnoa qui dans le secteur tertiaire était à
l’avant-garde, ses ordinateurs maintenant sont devenus obsolètes. Oui
je ne m’en cache pas.
Alors investissons dans le Privé et il faut
libéraliser le système davantage encore en faisant confiance et je
crois, en ces Etablissements parce que c’est là que résident l’avenir et
la force de ce pays.
Je voudrais maintenant clore ce propos que
j’ai improvisé un peu comme ça avec quelques notes. Le Gouverneur Guy
NAIRAY à qui l’on disait « vous qui connaissez bien le Président
Houphouët, c’est un homme humble, un homme modeste, un homme discret » a
répondu « détrompez vous, parce que les homme discrets, les hommes
modestes, les hommes humbles sont les hommes qui ont une haute idée de
leur personne ».
J’ai été à son école et
je dis que j’ai une haute idée de ma personne et je vous remercie.
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